Contrairement à ce que certains tentent souvent de nous faire croire, les lois de l’économie n’ont rien d’immuables. Il s’agit d’ailleurs plus de conventions sociales que de lois. Les principes guidant les échanges de biens et services entre les membres d’une société ont varié avec les lieux et les époques. Notre actuelle économie de marché n’a pas toujours existé, comme elle ne durera probablement pas éternellement. Ses ratés, ses excès, ses failles nous incitent à croire qu’il ne s’agit pas du système idéal, et que nous pouvons continuer à chercher d’autres voies, ou du moins à l’améliorer.
En ce sens, soulignons les zones de gratuité, des espaces d’échanges qui apparaissent depuis quelques temps en France. Rompant avec les conventions marchandes, les gens qui les fréquentent viennent y offrir et prendre des biens, totalement gratuitement. Il ne s’agit ni d’échange, ni de troc, car on peut y donner sans prendre et prendre sans donner.
Ni troc, ni obligation de réciprocité, ni charité, la zone de gratuité est un moyen utile de réduire le volume de déchets et de recycler les objets. Une façon aussi de se réapproprier l’espace public, la rue, de créer un moment convivial, entre voisins et ouvert à tous. Un pied de nez à la société de consommation. Un espace soustrait aux rapports marchands, qui vient interroger chacun sur le don, l’argent, la propriété. « Les valeurs Acheter – Jeter sont remplacées par les joies du Donner – Récupérer », expliquaient les organisateurs lors de la première édition.
Phénomène marginal et temporaire, ou tendance de société ? Chose certaine, une option à considérer dans la recherche de meilleurs rapports entre les citoyens et d’une économie au service de ceux-ci.
Pour en savoir plus, voir l’article et le video sur le site de Basta !
Plus près de chez nous, le Quartier vert du Marigot, organise une Gratiféria, le samedi 25 mai, de 13 h à 18 h, au parc des Prairies de Laval.







