La simplicité en tant que vertu

jardin-japonaisLa simplicité volontaire semble facile à définir. On peut pourtant la considérer sous différents angles. Nous laissons aujourd’hui la parole à l’un de nos membres, Nicolas Beaudin, qui nous en livre sa vision.


La simplicité volontaire concerne notre attitude envers le monde matériel, la Nature, donc envers le système économique capitaliste. C’est une attitude qui s’en tient à l’essentiel de nos besoins matériels, sans superflu. C’est un comportement de respect envers la Nature, envers les autres et envers soi-même, puisqu’il nous permet d’être plus libre de notre temps en travaillant moins comme esclave dans un travail aliénant, de ne pas consommer des marchandises inutiles qui détruisent la Nature, de moins alimenter un système économique injuste qui crée la misère artificiellement pour la majorité de la population mondiale. La simplicité volontaire recherche l’utilisation et la production de biens d’usage pour nos propres besoins, ce qui permet de faire une activité d’ordre économique hors du système d’exploitation capitaliste.

Cette attitude est vertueuse. C’est une attitude d’amour envers la Nature, les autres et soi-même. C’est pourquoi les riches, sauf exception, sont des esclaves qui se croient libres, tant qu’ils alimentent ce système par leur consommation effrénée et leur morale capitaliste de la haine. L’idéologie capitaliste à laquelle adhère 99 pourcent des riches et la majorité de la population, est une anti-morale, puisqu’elle n’est pas basée sur l’amour, mais sur le travail. Ainsi, celui qui mérite d’être aimé n’est pas la personne aimante et vertueuse, mais la personne travaillante qui alimente un système qui crée la haine, l’exploitation, la misère, la guerre, la destruction de la Nature et la violence sous toutes ses formes. Les riches ne sont pas des gens simples, car ils cultivent des apparences contraires à ce qu’ils sont vraiment. Ils sont malheureux, mais font toujours semblant d’être heureux, croyant avoir atteint la réussite ultime de la vie : s’enrichir au détriment de la société et de la Nature dans leur ensemble. Ils sont dénués de conscience morale, sociale, écologique et spirituelle. Ils ne sont donc pas en harmonie avec la vie. Leur faux bonheur est préfabriqué et il est extérieur à eux-mêmes, car il est dépendant de leur accumulation de marchandises le plus souvent inutiles et du pouvoir sur les autres que leur procure l’argent.

André Comte-Sponville, dans son petit traité des grandes vertus, approfondit ce qu’est la simplicité en tant que vertu. Il écrit que la simplicité est la vie sans mensonges, c’est le contraire de l’hypocrisie, de la prétention, du paraître. C’est donc le contraire du comportement des riches et de la grande majorité des emplois, surtout ceux qui sont les plus payants et les plus valorisés par le système : vendeurs, publicitaires, politiciens, avocats, juges, médecins, psychiatres, banquiers, dirigeants de multinationales, investisseurs à la bourse, etc. La très grande majorité des emplois sont au service d’un système anti-vie, presque toutes les usines, les garages, le transport, les bars, l’élevage, l’agriculture, mêmes les épiceries et les restaurants où les aliments sont trop souvent modifiés génétiquement, remplis de pesticides, agents de conservation, additifs chimiques…

Comte-Sponville explique que la simplicité est d’abord une vertu morale. Elle est pureté du coeur, sincérité des paroles, rectitude du comportement. Toutes des attitudes contraires à la recherche du profit maximum de la plupart des emplois et des compagnies. C’est la différence entre l’être et l’avoir. La simplicité est du côté de l’être, de la vertu, tandis que la plupart des gens sont du côté de l’avoir, à cause du désir de s’enrichir, d’emplois aliénants, du conformisme social dû à l’absence d’esprit critique et au besoin d’être aimé et reconnu. La plupart des gens voient le non-sens de ce qui se passe sur notre planète, mais ils ne font pas les liens qui s’imposent et ils ont peur de faire des changements insécurisants.

La simplicité est le contraire du luxe, elle est naturelle et non artificielle. Elle est nudité plutôt que camouflage derrière des vêtements chics avec des marques célèbres qui favorisent l’exploitation abominable d’enfants et d’ouvriers dans le tiers-monde. Elle est donc aussi le contraire du maquillage et des produits de beauté artificiels qui sont généralement néfastes pour la santé. Elle est donc contraire à la mode qui invente des faux besoins seulement pour paraître, ce qui favorise la surconsommation et tous les problèmes d’inégalité sociale et de destruction de la Nature qui y sont reliés.

La simplicité est donc une vertu subversive, anti-système. C’est une vertu de désobéissance envers un système qui engendre la haine et la violence. Elle est en lien avec la sagesse, l’intelligence du coeur, l’amour universel, la coopération, le partage, l’harmonie. C’est une vertu en accord avec la vie et la Nature. Elle préfère la beauté du corps à celle des vêtements, donc la Nature plutôt que la culture. Elle est du côté de la liberté de notre temps, la véritable richesse. Si vous préférez les êtres humains et la Nature au travail aliénant, à l’argent, au pouvoir et à la domination, alors vous êtes du côté de la simplicité volontaire. Mais il est essentiel d’accorder nos actions avec nos pensées et nos paroles.

Un texte de Nicolas Beaudin
Crédit photo : Michael et Christa Richert, freeeimage.com

 


Et pour vous, qu’est-ce que la simplicité volontaire ? Nous vous invitons à nous en faire part en laissant un commentaire ci-dessous.

Une réponse

  1. Rachel
    Rachel 29 octobre 2016 à 10:01 | | Répondre

    Merci …tout simplement…

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